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« La descente de l¿Inde avait été une merveille »¿ Avec cette seule phrase dans les premières lignes du Poisson-scorpion, Nicolas Bouvier résume les quatre mois passés à traverser la péninsule indienne, entre décembre 1954 et mars 1955. Et pourtant cette étape n¿a pas été moins riche en découvertes, rencontres et péripéties que les précédentes¿
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De l'Inde, Nicolas Bouvier connaît avant tout les routes, celles qui le mènent de la frontière pakistanaise à la côte face à Ceylan. Il les parcourt toujours à bord de sa fidèle Fiat Topolino qui ne l'a pas lâché entre Genève et l'Inde en dépit de pannes à répétition, plus ou moins graves. D'ailleurs, depuis son entrée dans le pays, Nicolas Bouvier multiplie les arrêts dans les garages. Autant de détours improvisés qui lui permettent de découvrir et d'apprécier au passage les talents des mécaniciens sikhs…
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Après Delhi, Nicolas Bouvier décide de descendre vers l'ouest, en direction de Bombay. Cette route est " l'image même de la vie ". Le voyageur suisse y voit de tout : charrettes, pèlerins, forgerons tziganes, camions en panne, autocars surchargés, etc. Tout un monde ! Ce qui fait dire à Bouvier que " si l'on veut prendre le pouls de l'Inde et si l'on veut l'aimer, c'est là qu'on le sentira le mieux. "
Et puis la route est toujours l'occasion de rencontres inédites. Sur celle de Gwalior, au sud d'Agra, Nicolas Bouvier, qui voyage seul, s'arrête et accepte d'accueillir à son bord un paysan avec ses cages remplies de poulets. Pour l'inviter à prendre place à ses côtés, il esquisse un geste de sa main et la lui tend. L'homme s'empresse de la saisir et commence à en lire les lignes. D'un seul coup, son visage se décompose… Et au lieu de monter dans la Fiat, il s'empresse de saisir ses cages pour poursuivre à pied son chemin.
Nicolas Bouvier est quelque peu ébranlé par cette aventure qui n'augure rien de bon. C'est pourquoi il décide de se montrer prudent sur la route. Il roule lentement, plus lentement encore que les jours précédents. Alors qu'il est proche de Gwalior et qu'il traverse des petits villages, une fillette déboule brusquement sur la chaussée. Il ne peut pas l'éviter. Elle fait un vol plané et fond en larmes. Bouvier qui s'est immédiatement arrêté se précipite vers elle pour constater avec soulagement qu'elle n'a rien de grave. Pour la consoler, il lui tend une banane… Et reprend la route.
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FS
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