Lettres / Ecrivains
 
NICOLAS BOUVIER, ETONNANT PRISONNIER

Le voyage que Nicolas Bouvier réalise en voiture avec son ami Thierry Vernet entre Genève et l¿Inde à partir de 1953, leur réserve bien des surprises. Il est notamment l¿occasion de rencontres plus ou moins heureuses¿

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Après avoir passé l'hiver 1953-1954 à Tabriz, dans le Nord de l'Iran, Nicolas Bouvier et Thierry Vernet reprennent la route à bord de leur Fiat Topolino. En avril, ils s'arrêtent à Mahabad. Dès leur arrivée, ils sont frappés par le très grand nombre de militaires et autres gendarmes présents dans la ville. Il faut sans doute y voir la volonté du pouvoir iranien d'asseoir son autorité dans cette région dominée par la population kurde.


Toujours est-il que les deux voyageurs suisses établissent leur quartier dans l'un des rares hôtels de la cité. C'est là qu'ils font la connaissance du capitaine de police. Sa présence en ces murs n'a rien d'innocent. Si elle s'explique en partie par le temps libre que lui laisse son travail et son désir de rompre avec la solitude de son quotidien, elle traduit également sa volonté d'avoir un œil sur ces deux étrangers. Sous couvert de sympathiser avec eux, il peut mieux les surveiller…

Le séjour de Bouvier et Vernet à Mahabad se prolonge. Bientôt ils n'ont plus d'argent. Le patron de l'hôtel est prêt à leur faire crédit mais c'est sans compter avec le sens de l'hospitalité du capitaine de police. Une fois au courant des difficultés financières de ses nouveaux " amis ", il leur propose tout simplement de les accueillir… dans sa prison. Les deux compagnons ne peuvent pas refuser une telle offre !

Les voilà derrière les barreaux avec un " statut d'hôte-prisonnier " aux contours flous. Ils ont tout de même l'autorisation de sortir en ville les après-midi mais sous bonne escorte. Le soir, ils sont conviés à des discussions avec le capitaine et d'autres détenus. Les jours passent ainsi dans cette étrange ambiance. Jusqu'au moment où Bouvier et Vernet parviennent à faire admettre au capitaine qu'il leur faut poursuivre leur périple. Avant de le quitter, ils n'oublient pas de le remercier pour son hospitalité… et de lui emprunter de l'argent.

FS