Lettres / Ecrivains
 
FREBOURG, NAUFRAGE ANTILLAIS

L¿imaginaire des écrivains se nourrit parfois de faits divers, célèbres ou non. Les romans qui s¿inspirent plus ou moins librement de tels faits, sont nombreux. Port d¿attache d¿Olivier Frébourg publié en 1998 s¿inscrit en partie dans cette logique. Avec dans son cas peut-être une touche plus personnelle¿

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Olivier Frébourg se définit volontiers comme un écrivain maritime tant la mer pour ce Normand de naissance compte dans son univers mental et son écriture. Tous ses livres en portent l'empreinte, depuis son premier roman Basse saison jusqu'à son récit, Un homme à la mer. L'influence familiale a été à cet égard déterminante. Son père, capitaine au long cours, lui a fait découvrir le monde de la mer dès l'enfance.


C'est ainsi qu'à l'âge de trois ans et demi, Olivier Frébourg embarque avec sa famille à bord du paquebot de la Compagnie générale transatlantique (CGT) Antilles. Leur destination est précisément les îles du même nom où son père vient d'être affecté. Pour l'enfant, cette traversée est un ravissement ; la Martinique et les Antilles bientôt un paradis. Mais un paradis qui peut aussi receler des pièges comme il va l'apprendre à travers le drame survenu à ce paquebot, le 7 janvier 1971.

Alors qu'Antilles s'engage dans une passe près de l'île de Saint-Vincent, dans les Grenadines, plusieurs vibrations se vont sentir à bord. Le paquebot vient de s'échouer. Les alarmes retentissent. Une voie d'eau se déclare. Pourtant d'après les cartes marines, aucun danger n'était à craindre à cet endroit. Le commandant lance un message de détresse. A Fort-de-France, le père d'Olivier Frébourg prend les premières mesures en vue de lui porter secours. D'autant que, sur place, la situation empire : un incendie commence à faire rage. L'évacuation des passagers et d'une partie de l'équipage est décidée… avant l'abandon définitif du navire.

Par chance, aucune victime n'est à déplorer mais Antilles est perdu, laissé en proie aux flammes. Quelques temps après, son commandant, l'un des plus brillants de la CGT, est jugé par le tribunal maritime. Au terme du procès, il est acquitté. Les cartes marines portent toute la responsabilité du drame car elles ne signalaient pas l'écueil. Pour autant, en perdant son navire, le commandant a subi le " pire des châtiments ". Plus jamais il ne commandera de paquebots…

FS