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La voyageuse à l’insondable détresse, Schwarzenbach, et l’auteur de La Ballade du café triste, Carson McCullers, partageaint le même amour des lettres et la même souffrance d’exister. Leur rencontre ne pouvait être anodine…
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En juin 1940, Annemarie Schwarzenbach réside aux Etats-Unis où elle a trouvé refuge après le déclenchement de la guerre en Europe. La tragique situation politique aggrave encore son état mental. Mais le 12, alors qu’elle se trouve à New York, elle fait la rencontre d’une étoile montante de la littérature américaine, Carson McCullers. Celle-ci vient de connaître un grand succès avec son premier roman, Le cœur est un chasseur solitaire.
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Chacune des deux femmes est éblouie par l’autre. Leur commune mélancolie les rapproche, ainsi que ce « mélange de résignation précoce et d’innocence », évoqué par Schwarzenbach. Elles échangent leurs idées sur l’écriture en même temps que leurs livres respectifs. Carson McCullers tombe sous le charme de Schwarzenbach, qui, déjà en proie à des complications sentimentales, s’éloigne lentement de l’Américaine.
En janvier 1941, Annemarie Schwarzenbach est poussée à quitter le sol américain par les médecins qui voient en elle une patiente trop instable. Elle rentre alors en Suisse, où elle partage son temps entre son travail de journaliste et ses œuvres poétiques. Une nuit, alors qu’elle écrit un poème en prose, elle songe brusquement à Carson McCullers et à leurs discussions sur « l’oppressant travail de l’écriture ». Elle se souvient alors de la promesse que lui avait faite l’Américaine de lui dédier son prochain livre, Reflets dans un œil d’or. Est-il déjà achevé ? Tiendra-t-elle sa promesse ?
Elle prend alors la plume et écrit une lettre à son amie. « Si ce livre m’était dédié, ce serait très probablement la seule trace que j’aurais laissée aux USA, un pays qui représente une défaite terrible pour moi… ». Elle achève la lettre. Quelques heures plus tard, elle trouve un paquet dans son courrier. Il s’agit du fameux livre. Elle l’ouvre et lit en page de garde : « Pour Annemarie Clarac-Schwarzenbach ».
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DP
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