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J.M.G. Le Clézio l¿admet lui-même lorsqu¿il publie en 1980 Désert, l¿un de ses romans les plus célèbres, ses connaissances sur cet univers étaient avant tout livresques. A de très rares séjours près, il n¿en a pas une perception concrète et personnelle. Son approche du désert est d¿abord liée à une "attirance verbale". Au c¿ur de celle-ci, les récits de son père tiennent une place singulière.
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Né en 1940, J.M.G. Le Clézio n'a connu son père que tardivement, à l'âge de huit ans. La guerre avait créé entre eux un fossé infranchissable d'eau et de sable : le Sahara et la Méditerranée. En effet, son père, médecin militaire dans l'armée britannique, a rejoint son affection au Nigeria à la veille de la déclaration de guerre en 1939. Il a laissé derrière lui, en Bretagne, sa femme enceinte et leur premier fils âgé d'à peine plus d'un an.
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Au moment de l'offensive allemande, il vit dans l'ignorance du sort des siens. Seule la BBC distille des informations bien trop parcellaires pour être rassurantes. Comme l'écrit J.M.G. : " Pour lui, isolé dans la brousse, l'Afrique est devenue un piège. " Il ne peut pas se résoudre à cette situation. Il cherche à s'en échapper.
Lui vient alors l'idée de rejoindre le Sud de la France pour sauver sa famille. Pour y parvenir, il faut franchir le Sahara puis la Méditerranée. Une folie dans laquelle il se lance sans trop réfléchir et sans plan précis. De Ogoja au sud-est du Nigeria, il gagne Kano, la capitale du Nord. Là, il se joint à une caravane qui traverse le désert. A ses yeux, il s'agit de la route la plus sûre pour arriver à ses fins. Au moment de partir, le père de J.M.G. Le Clézio a pris le minimum avec lui. Il vit donc comme les Touareg.
En route, il prend le temps cependant de photographier les lieux traversés : Zinder au Niger, les montagnes du Hoggar, In Guezzam, poste frontalier avec l'Algérie. Il y passe plusieurs jours. Malgré plusieurs tentatives, il ne réussit pas à aller bien au-delà. Il est bientôt arrêté. Citoyen britannique, il devient très vite suspect aux yeux des autorités locales. Il est finalement refoulé et condamné à faire le même chemin en sens inverse. Il ne retrouve sa famille qu'en 1948.
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FS
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