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Comme d¿autres écrivains avant lui et parmi les plus célèbres, Enrique Vila-Matas a tenu une chronique dans la presse. En 1995, le journal madrilène Diario 16 lui a commandé un papier pour son édition dominicale. Mais l¿exercice n¿a pas été sans difficultés pour l¿auteur du Mal de Montano¿
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Romancier et essayiste de talent, Enrique Vila-Matas accepte la proposition de la rédaction de Diario 16. A partir de 1995, il tient dans les colonnes de ce journal une chronique chaque dimanche. Au départ, Vila-Matas décide d'y traiter des questions politiques. Mais, au fil des semaines, il doit bien reconnaître l'évidence : cet exercice ne lui convient pas.
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Chaque papier devient une véritable douleur. De son propre aveu, Enrique Vila-Matas écrit de plus en plus mal, un déchirement pour lui qui a toujours été exigeant en matière d'écriture. Conscient de son échec, le romancier espagnol change de thème pour ses chroniques hebdomadaires. Il espère ainsi en relancer l'attrait pour lui et ses lecteurs. La télévision devient alors sa cible privilégiée… Mais le résultat n'est guère plus concluant. Pire, une citation lue par hasard lui fait prendre la mesure de sa déchéance : " L'ultime recours du chroniqueur est de commenter la télévision. "
Enrique Vila-Matas est sur le point d'abandonner sa chronique. A moins de trouver une idée originale… Début septembre, il la tient enfin. Il s'attache à célébrer le quatre-vingt dix-neuvième anniversaire de la naissance d'Antonin Artaud. Lui qui a en horreur les célébrations à date fixe autour d'un chiffre rond, se lance dans les commémorations décalées, au gré de son humeur et de son envie. A partir du 3 septembre 1995, Vila-Matas publie donc des papiers sur les " anniversaires sans chiffres ronds " d'écrivains. Il souhaite le faire pendant une année, soit cinquante-deux semaines et autant de chroniques.
Mais c'est sans compter avec les difficultés économiques que connaît bientôt le journal. Les collaborateurs de Diario 16 ne sont plus payés. Nombre d'entre eux quittent la rédaction. Vila-Matas poursuit cependant sa tâche, sans être rémunéré, avec la volonté d'arriver au bout de son projet. Il le fait jusqu'à sa quarante-troisième chronique, celle sur Lichtenberg, parue le 23 juin 1996. A cette date, il cesse d'en écrire d'autres. Un an plus tard, il reprend cependant l'ouvrage et l'achève avec les anniversaires manquants : de Robert Walser à Jorge Luis Borges.
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FS
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