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Le romancier espagnol Enrique Vila-Matas aime à rappeler la dette immense qu¿il a contractée auprès de Marguerite Duras. En 1974, il rencontre l¿auteur de Barrage contre le Pacifique lors de son séjour à Paris.
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Après ses débuts de journaliste dans une revue de cinéma, Fotogramas, et un court métrage financé par son père, Enrique Vila-Matas se tourne peu à peu vers la littérature. Mais, dans l'Espagne franquiste des années soixante-dix, l'ambiance est trop étouffante pour lui. C'est pourquoi il décide de partir en 1974 à Paris. Sur place, il retrouve des amis exilés dont certains fréquentent les milieux du cinéma underground.
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C'est grâce à eux qu'il rencontre la romancière et cinéaste Marguerite Duras. Il la croise pour la première fois dans la rue. Et, au bout de quelques minutes, Duras lui propose de venir loger dans la chambre de bonne au-dessus de son appartement, 5 rue Saint-Benoît, en plein cœur de Saint-Germain-des-Prés. Vila-Matas s'empresse d'accepter. A peine installé, il se lance dans la rédaction de son premier roman, La Lecture assassine, dont l'ambition est de tuer son lecteur. Rien de moins !
Duras met en garde le jeune homme de vingt-six ans contre ce projet qu'elle juge irréalisable. Et à la question de Vila-Matas : " Comment écrit-on un roman ? ", elle consent à lui livrer plusieurs conseils par écrit. Il y a en un cependant qu'elle réserve pour plus tard. Il s'agit du conseil qu'elle tient de Raymond Queneau. Tout au long de son séjour, Vila-Matas en entend parler mais sans parvenir à en savoir plus. Devant son impatience, Duras se contente de lui répéter : " Un jour, je te donnerai le conseil de Raymond Queneau. "
En attendant, Vila-Matas reste dans le noir le plus complet, au sens propre comme au figuré. En effet, un soir, il n'a plus d'électricité dans sa chambre de bonne. Il se renseigne auprès de l'agence EDF de la rue de Rennes où il lui est demandé de régler une facture considérable : elle correspond à plusieurs années d'impayés. Accompagné de Marguerite Duras, il parvient à résoudre le problème à l'amiable. Et c'est devant l'agence que la romancière lui dévoile le fameux conseil de Queneau, peut-être pour se faire pardonner la gêne occasionnée : " Ecris et ne fais rien d'autre. "
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FS
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