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Au bout de la route de Nicolas Bouvier se trouve le Japon. C¿est sur cette île qu¿il débarque en 1955 après sept mois cauchemardesques passés à Ceylan, où la fatigue, la solitude et la fièvre lui ont fait perdre pied. Il y découvre une douceur de vivre et une « éthique du peu » qui le séduisent¿
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Après deux ans et demi de voyage, Nicolas Bouvier renaît au Japon, où il réapprend le bonheur de la flânerie et de la découverte de l’autre. Son besoin d’argent l’amène à vendre des articles sur les pays d’Asie qu’il a traversés, très appréciés des rédactions locales. Et lorsque ses sujets sont épuisés, il montre à quelques journalistes des clichés pris en chemin. Des journaux lui demandent parfois des reportages avec photos sur le Japon.
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Mais ses finances n’en restent pas moins précaires. Les sujets d’articles ne sont pas inépuisables. Au bout de quelques mois, avec l’été, commence pour lui une période très difficile. « C’est la seule fois de ma vie où en voyage j’ai eu faim », avoue-t-il. Il change de trottoir à l’approche des restaurants. Il se décide alors à se séparer de son fourneau à pétrole, son seul bien. Il se rend au mont-de-piété, où on refuse de l’acheter. On lui conseille d’essayer le quartier des prostituées, où l’argent continue à affluer même en cette période de l’année.
Le fourneau sur le dos, Bouvier sillonne les ruelles de Shinjuku, un quartier de Tokyo. Les femmes sont d’abord interloquées par l’irruption d’un étranger dans un lieu réservé aux locaux. Puis, le rire l’emporte sur toute autre réaction. Il accompagne Bouvier dans ses démarches pour vendre son fourneau. Mais personne n’en veut. Finalement, au fil de ses rencontres, Bouvier parvient à apitoyer sur son sort certaines de ces filles « amusantes, cultivées et aussi jolies qu’Audrey Hepburn ».
Deux maisons de passe où il a trouvé refuge lui demandent même de rédiger de courts prospectus publicitaires destinés aux étrangers. A court d’argent, il accepte sans se faire prier. Il s’attend à devoir rédiger des slogans érotiques, or il n’en est rien. Il s’agit de phrases charmantes et délicates comme : « Yuriko sait cinquante chansons de pêche de la côte Ouest » ou « Elle a tellement de répartie que vous n’aurez jamais le dernier mot ».
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DP
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