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AMOS GITAI PART EN CAMPAGNE

Après ses déboires en 1980 pour faire diffuser son documentaire House dans son pays, Amos Gitai ne désarme pas. Deux ans plus tard, son nouveau projet de film, Journal de campagne, vaut au cinéaste israélien de nouveaux ennuis¿

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Décidé à se consacrer exclusivement au cinéma après House, Amos Gitai est confronté à de grandes difficultés. Ses rapports conflictuels avec la télévision israélienne le privent d'une des rares sources de financement à sa disposition dans son pays pour produire ses films. En dépit de cette situation, Amos Gitai parvient tant bien que mal à tourner et à monter. 


En mars 1982, Amos Gitai se lance dans un nouveau projet. Il s'agit cette fois de filmer tout ce que lui et sa chef-opératrice voient dans un triangle constitué aux extrémités par Tel-Aviv, Ramallah et Jérusalem. Chaque matin, ils partent en voiture et suivent le même parcours. La tension dans le pays est chaque jour plus forte. Nous sommes à trois mois de l'invasion du Liban par Israël.

Preuve de ce climat de violence, l'attentat commis par des extrémistes israéliens dont le maire palestinien de Naplouse a été la victime. Il a perdu ses deux jambes et doit se déplacer en chaise roulante. Amos Gitai souhaite profiter de la visite de soutien d'une délégation israélienne pour le rencontrer. Mais c'est sans compter sur l'armée israélienne présente autour de la maison du maire. Elle en interdit l'accès. Le face-à-face très tendu entre les soldats et le cinéaste est filmé avec courage par sa collaboratrice. C'est l'un des moments forts du documentaire.

Reste encore, une fois le tournage achevé, à le monter. Amos Gitai manque de moyens financiers pour mener à bien cette opération. Ses dernières économies - la prime d'assurance reçue après l'accident de sa Peugeot 104 - lui ont à peine permis de racheter le négatif. Une solution se fait jour du côté de la France où un producteur est prêt à lui venir en aide. Mais il faut sortir la pellicule du pays or la censure militaire contrôle toutes les images sortant d'Israël.

Amos Gitai est prêt à courir le risque. En août, il passe " la censure à quatre heures du matin, avec toute la pellicule à l'intérieur de deux vieilles valises ". C'est avec ces seuls bagages qu'il s'installe à Paris avec sa femme.  

FS