|
Au fil des films et des festivals, depuis une vingtaine d¿années, le réalisateur israélien Amos Gitai s¿est peu à peu imposé sur la scène internationale. Pourtant sa vocation de cinéaste n¿avait rien de très évident à l¿origine...
 |
Diplômé de Berkeley en architecture, Amos Gitai n'a jamais cessé tout au long de ses études d'architecte, que ce soit en Israël ou aux Etats-Unis, de tourner de petits films documentaires. Il parvient ainsi à allier ses deux passions. L'une s'inscrit dans les pas de son père le célèbre architecte Munio Weinraub Gitai, formé à l'école du Bauhaus à Berlin. L'autre lui est plus personnelle ; elle s'est épanouie depuis le début des années soixante-dix, époque à laquelle sa mère lui a offert une caméra Super 8.
|
|
Très vite, tout en poursuivant ses activités d'architecte, Amos Gitai tourne des sujets pour la télévision israélienne. C'est ainsi qu'en 1979, il propose de réaliser un documentaire d'une cinquantaine de minutes qui s'appellerait House. Dans le contexte géopolitique de l'époque, le thème en est plus qu'explosif. Il s'agit en effet d'évoquer les maisons de Palestiniens saisies par le gouvernement israélien en 1948 et vendues trente ans plus tard à des particuliers. A travers l'histoire de l'une d'entre elles, Amos Gitai souhaite aborder de front l'une des questions les plus complexes du conflit : celle de Jérusalem et de la situation des réfugiés.
Le sujet est brûlant. Amos Gitai craint donc que le projet ne soit pas retenu par les responsables de la chaîne et ne puisse pas être produit. Il parvient cependant à le faire signer un peu par hasard, profitant d'un moment d'inattention de son interlocuteur en pleine discussion téléphonique. Disposant d'une équipe, Amos Gitai se lance dans le tournage. Une dizaine de jours lui sont suffisants.
Mais une fois House monté et terminé, les responsables de la télévision refusent de le diffuser en l'état. Ils demandent à Gitai d'effectuer des coupes, de supprimer tel ou tel passage. Ce dernier s'y refuse. Le film est rangé dans un placard avec le risque de disparaître voire d'être tout simplement détruit. C'est pourquoi Amos Gitai, avec la complicité d'un ami, vole l'original, l'unique version existante, pour en faire une copie avant de le remettre à sa place... Jusqu'à aujourd'hui, son documentaire n'a jamais été programmé à la télévision israélienne.
|
FS
|