|
Dans les années soixante, l'Europe toute entière est secouée par les revendications de la jeunesse. En France, le mouvement atteint son paroxysme avec les évènements de mai 1968. A Amsterdam, la contestation commence huit ans plus tôt avec l'arrivée des Provos...
A cette époque, la jeunesse hollandaise connaît une période noire. La crise sociale et culturelle poussent des milliers de personnes à se révolter contre le système trop conservateur. Rapidement, des groupes prônant une nouvelle société se forment à Amsterdam. Le plus grand et le plus prestigieux d'entre eux est incontestablement celui des Provos.
Non violents, écologistes avant l'heure et recherchant la libération des moeurs, le mouvement souhaite " démasquer la tyrannie du système économique par la provocation joyeuse ". D'énormes manifestations pacifiques ont lieu un peu partout à Amsterdam pour revendiquer le droit à l'écologie, la légalisation du cannabis, le droit des homosexuels ou pour dénoncer le capitalisme à outrance.
Le fondateur des Provos, Robert Jasper Grootveld, décide de donner plus de cohésion à cette rébellion. Il installe le quartier général du mouvement radical au numéro 14 Karthuizersstraat. De là, ses réseaux se forment et organisent les manifestations visant à critiquer la police, les hommes politiques et l'administration. Il lance des appels et invitent de très nombreux journalistes à témoigner du pacifisme de ces réunions.
Mais dès 1964, Grootveld comprend que cette organisation ne peut pas se contenter de rester allongée sur les pelouses du Vondelpark. Il lui faut un symbole fédérateur de leur lutte.
Or à quelques mètres de là, au centre de la place du Spui, se dresse le Lieverdje, une statue de bronze représentant un gavroche d'Amsterdam. Elle devient le point de ralliement des Provos car la statue est une donation d'une grande firme américaine de cigarettes. Selon Grootveld, la manufacture ne s'intéresse pas à la beauté de la ville mais cherche à justifier une vente de plus en plus massive en Hollande, en soulageant sa conscience.
Tous les samedi soir, les Provos se rassemblent autour pour crier haut et fort leurs revendications. Pour retourner la statue contre son propriétaire, ils font des farandoles tout autour, faisant du Lieverdje le symbole de la campagne anti-tabac la plus humoristique jamais organisée à Amsterdam...
ASt
|