Lettres / Ecrivains
 
MONTAIGNE DANS LES PAS DE LA BOETIE

L'oeuvre de Montaigne s'inspire directement de celle d'un autre auteur français, La Boétie. Les deux écrivains ont en effet tissé une très profonde amitié sur les bancs du Parlement de Bordeaux. Devenus les meilleurs amis au monde, leurs noms restent indissociables, jusque dans la mort...

Sans_titre 

En 1557, Michel Eyquem de Montaigne participe activement à la vie politique de Bordeaux. Il discute fréquemment des événements liés aux révoltes protestantes, et son éloquence fait rapidement sensation. Pour de nombreux esprits éclairés, le jeune juriste serait parfait pour exercer au parlement de la ville. Ce qui, peu de temps après, est le cas. Là,  Montaigne fait la connaissance d'Etienne de La Boétie.


La Boétie, juge intègre et incorruptible, occupe le siège situé à ses côtés dans le parlement. Montaigne lui voue déjà un certain respect pour son Discours de la servitude volontaire. Cette admiration se change, quelques semaines plus tard, en une profonde amitié, tant leurs caractères sont complémentaires. Les deux hommes s'aperçoivent ainsi qu'ils partagent le même idéalisme et la même passion littéraire. En quelques mois, ils deviennent véritablement inséparables.

Mais La Boétie ne se contente pas d'être le simple compagnon de Montaigne. A peine plus âgé que son ami, il lui fait profiter de son expérience et lui enseigne sa vision du monde. Pendant leurs très nombreuses soirées de discussion, il le pousse à s'interroger sur la littérature et la vie en général, essayant de développer chez lui une vision personnelle des problèmes contemporains.

Malheureusement, leur amitié est victime des ravages de la peste. En 1563, La Boétie, à l'âge de trente-trois ans, tombe gravement malade. Veillé jour et nuit par son ami, il est néanmoins emporté en quelques jours. Montaigne, profondément accablé par cette tragédie, fait alors la promesse de publier à titre posthume tous ses écrits...

C'est ce qu'il fait jusqu'en 1570. Mais Montaigne ne souhaite pas arrêter là son hommage. Il abandonne alors son mandat au parlement et se retire dans le château familial. S'inspirant de la passion idéaliste de La Boétie, il y entreprend la rédaction des Essais, un ouvrage monumental auquel il consacre vingt années ! Il rend un ultime hommage à son ami en lui dédiant le chapitre le plus émouvant, intitulé De l'amitié...

ASt