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Dans une série d'articles publiés en 1857, Marx et Engels dénoncent sans détour le colonialisme européen en Asie. Engels s'intéresse en particulier à l'Afghanistan. Il rappelle ici l'une des révoltes du peuple afghan contre l'impérialisme britannique...
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Les Anglais, à Caboul, étaient commandés par le général Elphinstone, vieil homme goutteux, irrésolu, parfaitement incapable, aux ordres toujours contradictoires. [...] Le 2 novembre 1841, l'insurrection éclata. La maison d'Alexandre Burnes, en ville, fut attaquée et lui-même tué. Le général britannique ne fit rien et l'impunité donna des forces à l'insurrection.
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Elphinstone, tout à fait désemparé, à la merci de conseils contradictoires, ne tarda pas à plonger toutes choses dans cette confusion que Napoléon décrit par ces trois mots ordre, contre-ordre, désordre. Bala-Hissar, même alors, ne fut pas occupée. Les quelques compagnies envoyées contre les milliers d'insurgés furent naturellement battues, ce qui encouragea encore les Afghans. Le 3 novembre, les forts voisins du camp furent occupés. Le 9, le fort de l'intendance (tenu par une garnison de 80 hommes seulement) fut pris par les Afghans, et les Britanniques furent ainsi réduits à la famine. Le 5, Elphinstone parlait déjà d'acheter libre passage pour se retirer du pays. En fait, vers le milieu de novembre, son irrésolution et son incapacité avaient démoralisé les troupes au point que ni les Européens ni les cipayes n'étaient plus capables d'affronter les Afghans en rase campagne.
Les négociations commencèrent alors, au cours desquelles McNaghten fut assassiné, pendant une conférence avec les chefs afghans. La neige commença à couvrir le sol, les subsistances étaient rares. Le ler janvier, enfin, une capitulation fut conclue. Tout le Trésor, 190 000 livres sterling, devait être livré aux Afghans, et des reconnaissances de dette pour 140 000 livres encore devaient être signées. Toute l'artillerie et les munitions, à l'exception de six pièces de six pouces et trois de montagne, devaient être abandonnées. L'Afghanistan devait être entièrement évacué. Les chefs, de leur part, promettaient un sauf-conduit des vivres et des bêtes de somme. Le 5 janvier, les Britanniques commencèrent leur retraite, au nombre de 4500 combattants et 12 000 non-combattants.
Une marche suffit pour faire disparaître le dernier vestige d'ordre et mêler soldats et non-combattants dans une confusion irrémédiable, rendant toute résistance impossible. Le froid, la neige et le manque de vivre agirent comme dans la retraite de Napoléon, après l'abandon de Moscou. Mais au lieu de Cosaques se tenant à distance respectueuse, les Britanniques étaient harcelés furieusement, de chaque hauteur, par les tireurs d'élite afghans, armés de mousquets à longue portée. Les chefs qui avaient signé la capitulation ne pouvaient ni ne voulaient réfréner les tribus montagnardes. La passe de Kourd-Caboul devint le tombeau de presque toute l'armée, et ses faibles restes, moins de 200 Européens, furent anéantis à l'entrée de la passe de Djagdalak. Un seul homme, le docteur Brydon, atteignit Djelalabad pour raconter l'histoire.
MARX, Karl et ENGELS, Friedrich, Du colonialisme en Asie. Inde, Perse, Afghanistan, Mille et une nuits, 2002.
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