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La ville de Nîmes vit depuis toujours au rythme de ses célèbres ferias. Pourtant, à l'origine, l'engouement pour ces festivités n'allait pas de soi. Car déjà, les aficionados de la cité gardoise étaient d'exigeants connaisseurs...
Au printemps 1853, un évènement exceptionnel est sur le point de se produire à Nîmes. Pour la première fois, une course de taureaux sur le modèle espagnol va avoir lieu. Partout dans la ville, on ne parle que de ce spectacle. Des milliers d'habitants des environs affluent bientôt.
La course de taureaux débute un matin de bonne heure dans les rues de la vieille-ville. Les animaux chargent contre les hommes intrépides restés dans les rues, tandis que depuis les balcons, le reste de la population encourage ces téméraires. Puis, sous un déluge d'applaudissements, les taureaux déboulent dans les arènes de Nîmes.
Dès lors, les organisateurs décident de passer outre les interdictions des autorités. Ceux-ci voulaient un évènement sans mise à mort. Mais le succès est tel qu'ils doivent fléchir devant la pression des trente mille spectateurs. Un organisateur monte alors sur une tribune et annonce d'une voix solennelle qu'une véritable corrida va commencer. La foule est ravie.
Un autre homme entre alors dans le centre de l'arène pour se mesurer seul à seul à un taureau. La tension est à son comble. Dans le silence le plus complet, l'animal se précipite sur le torero improvisé. Celui-ci l'esquive et porte un premier coup à la bête. Tonnerre d'applaudissements. Une deuxième charge : nouvelle esquive. La foule exulte. Bientôt, c'est l'estocade et le taureau tombe à terre, mort. Le public hurle de joie. Les organisateurs sont aux anges.
Ils décident alors de poursuivre la corrida. Mais le spectacle est sensiblement différent. Emportés par leur enthousiasme, les toreros se mettent à frapper le second animal à tort et à travers. Le spectacle s'en ressent, à tel point que la foule commence à quitter les arènes...
Le maire, devant ce soudain désaveu, annonce l'interdiction immédiate de ce genre de manifestation. Et le public, qui applaudissait à tout rompre lors de la première mise à mort, d'approuver comme un seul homme sa décision... Résultat : il faudra attendre plus de dix ans pour assister de nouveau à une corrida dans les arènes de Nîmes !
ASt
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