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En permanence, les surréalistes cherchent de nouvelles méthodes de création. Ainsi, leurs expériences occultes sont destinées à puiser leur inspiration dans l'au-delà. Mais, erreur d'aiguillage, le sommeil de Robert Desnos les conduit à un vivant...
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En ce mois de septembre 1922, Robert Desnos s'entretient avec René Crevel. Celui-ci lui confie son hésitation entre suivre les préceptes littéraires de Breton et trouver un soutien moins contraignant auprès de Tristan Tzara. En tout cas, la seule chose dont Crevel est sûr, c'est qu'il doit intégrer le spiritisme dans son rapport à la création. Car, entre 1922 et 1923, André et Simone Breton, Desnos, ou encore Eluard, se livrent presque tous les soirs à des séances de spiritisme.
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Desnos, plusieurs fois, s'endort au beau milieu de l'expérience. Mais son sommeil est hypnotique, et Breton, en posant des questions au dormeur ou en donnant libre cours à ses envolées lyriques, sait tirer parti de cet état de particulière réceptivité.
Francis Picabia, qui assiste un soir à une des réunions du groupe, évoque devant Desnos le nom de Rrose Sélavy, ce personnage féminin inventé par Marcel Duchamp. Il n'en faut pas plus au poète pour déclarer, à la séance suivante, qu'il est en télépathie avec Duchamp... avant de sombrer dans un de ses profonds sommeils. C'est dans cet état, et devant témoins, qu'il compose près de cent cinquante aphorismes, contrepèteries et autres jeux de mots faisant référence à Rrose Sélavy. Ces trouvailles, Desnos les publiera dans un recueil, Corps et biens, mais ne pourra jamais se souvenir s'il en a ou non, pour l'occasion, modifié certaines.
Desnos dit avoir réinventé le personnage de Rrose Sélavy, et avoir été, en quelque sorte, le père adoptif de la créature de Duchamp, cet artiste qu'il admire. Si ses écrits regroupés sous le titre de Rrose Sélavy enchantent les surréalistes, certains d'entre eux refusent de voir en ces aphorismes le fruit de l'inconscient du poète...
Mais Desnos est agacé au plus haut point que l'on puisse croire qu'il a, cette nuit là, récité des figures littéraires écrites à l'avance, en état de veille... Lui pense plutôt, sans pouvoir mesurer le rôle exact du rêve ou de la transe dans la confection de son Rrose Sélavy, avoir bénéficié, l'espace de quelques heures, d'un " état d'absence " et d'un " esprit exorbité ".
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GB
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