Histoire / Grands Hommes
 
DUBCEK PAR-DELA LES TENEBRES

En novembre 1989, la Tchécoslovaquie vit ses dernières heures sous la tutelle de l'URSS. La révolte gronde et les libéraux commencent à pousser les foules vers l'émancipation du joug communiste. C'est la " Révolution de velours ".

En 1968, Alexandre Dubcek, alors tout nouveau Premier secrétaire du Parti communiste tchécoslovaque, avait redonné l'espoir aux Praguois. En promettant un " socialisme à visage humain ", il avait reconnu les principes de liberté de parole, d'opinion... Mais Moscou s'était empressé de réprimer cet élan de liberté. Le " Printemps de Prague " avait été étouffé dans le sang, Dubcek démis de ses fonctions.

Ce n'est qu'en novembre 1989 que le communisme donne à nouveau des signes de faiblesse. La contestation trouve enfin à s'exprimer, de plus en plus véhémente. Vaclav Havel, le nouveau leader libéral, comprend que le moment est enfin venu d'en finir. Avec ses amis, il organise de gigantesques manifestations dans les rues de Prague.

Et l'histoire se répète. La police tchèque effectue une interviention musclée, et la révolution semble une nouvelle fois vouée à être réprimée... Mais l'humiliation subie vingt ans auparavant est toujours gravée dans les esprits, et cette fois-ci, les Tchèques décident de tenir tête aux forces de l'ordre communistes. Des centaines de milliers de Pragois descendent dans les rues. Dans le même temps, Vaclav Havel annonce la création imminente d'un gouvernement d'union nationale.

La plus spectaculaire des interventions se déroule le 24 novembre 1989. Malgré le froid intense qui règne à Prague, près d'un million de personnes se rendent sur la place Venceslas. L'émotion est à son comble quand, du balcon des éditions Melantrich, le vieux Dubcek en personne prend la parole. La foule se fait subitement silencieuse pour entendre le père de l'espoir tchèque reprendre le discours qu'il avait interrompu avec les évènements tragiques de 1968.

Les visages baignés de larmes, les Praguois comprennent que, cette fois-ci, la révolution aboutira. Le communisme n'a plus sa place en Tchécoslovaquie, comme le fait comprendre Dubcek en s'écriant : " Nous avons trop longtemps vécu dans les ténèbres ! "

ASt