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Les mystères de l'inspiration sont impénétrables. Certains écrivains l'ont pendant leur sommeil, d'autres pendant de longues marches. Il y en a qui la reçoivent grâce à l'amour. Franz Kafka ne croyait pas cela possible... jusqu'à sa rencontre avec Félice Bauer.
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L'adolescence amoureuse de Franz Kafka est d'une sagesse absolue. Il est très grand et d'une extrême maigreur, ce qui n'attire pas les jeunes femmes. Mais il ne s'en soucie pas : sa vraie raison de vivre, c'est l'écriture. Kafka passe ainsi le plus clair de son temps à rédiger son journal et à écrire des nouvelles qu'il envoie à des revues allemandes. Pourquoi s'encombrer d'une femme qui l'empêcherait d'écrire autant qu'il le voudrait ?
Cependant, en 1912, l'inspiration ne vient plus. Kafka se morfond, devient mélancolique. Il ne mange plus, ne sort jamais de sa maison pragoise.
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Les pages de son journal restent désespérément blanches et il raye ses rares écrits sous prétexte qu'il faut les corriger. Même son ami Max Brod n'arrive plus à le persuader de poursuivre. Kafka se sent inutile, mauvais, déprimé. Il avoue même songer au suicide...
Un soir de l'été 1912, Kafka passe chez son ami Max Brod pour dîner et se détendre. Ils ne sont pas seuls : une jeune berlinoise du nom de Félice Bauer est présente. La rencontre produit un étrange effet sur Kafka. Il reprend le soir même son journal où il la décrit en des termes très peu élogieux, qualifiant même son physique d'ingrat.
Puis, bien qu'il ait fait mine de l'ignorer lors de cette soirée, il commence avec elle une correspondance, qui bientôt devient assidue. Rapidement, il n'arrive plus à la chasser de ses pensées, allant jusqu'à lui écrire trois lettres par jours ! Il doit alors se rendre à l'évidence : il est amoureux.
Cette simple constatation a un impact extraordinaire sur sa production littéraire. Dans les mois qui suivent, il reprend son journal, termine les nouvelles qu'il avait abandonnées et écrit l'une de ses oeuvres les plus célèbres, La Métamorphose. Kafka songe de plus en plus au mariage. Après d'interminables interrogations, il se décide à transmettre sa demande à Félice. Ce courage l'étonne lui-même. Profitant de ce moment où les émotions se bousculent dans sa tête, il écrit Le Verdict d'une seule traite, en une nuit. Il y exprime tout son amour pour Félice Bauer, dépeinte sous les traits de Frieda Brandenfeld.
Enfin, dans une lettre, il avoue tout : " Plus j'écris et plus je me libère, plus peut-être je deviens pur et digne de toi "...
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ASt
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