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Il est dans la vie de l'écrivain Paul Claudel une page sombre, source de sarcasmes voire de polémiques. Elle est liée à son attitude ambiguë et versatile, durant la guerre, à l'égard de ces deux figures que sont le maréchal Pétain et le général de Gaulle...
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Installé à Brangues, au lendemain de la défaite, Paul Claudel salue la fin de la IIIe République et manifeste quelques sympathies pour les idées avancées par le nouveau régime installé à Vichy. A cela, rien de bien étonnant : il a toujours été un partisan de l'ordre et de la discipline et son anticommunisme est profond et ancien. De plus, bien qu'il n'approuve pas la politique menée par Hitler, il éprouve de la sympathie pour le peuple allemand et il milite depuis de longues années pour la réconciliation entre les deux pays.
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Pour autant, il n'accepte pas la collaboration à laquelle il identifie, comme des millions de ses compatriotes, Pierre Laval, le chef du gouvernement. Aussi lorsque le maréchal Pétain décide de s'en séparer et de le placer en résidence surveillée, Claudel ne peut qu'applaudir.
Il aurait pu se contenter de le faire depuis son salon, mais il décide finalement de l'exprimer publiquement. Et il rédige un court texte, intitulé " Paroles au Maréchal " : " Monsieur le Maréchal, voici cette France entre vos bras, lentement qui n'a que vous et qui ressuscite à voix basse ". Ce texte date du 27 décembre 1940, soit quelques jours après la chute de Laval. Il est récité en public, au grand Casino de Vichy, et publié dans la presse peu après.
Pourquoi donner tant d'éclat à ces quelques lignes alors que, dans le même temps, Claudel exprime de plus en plus de critiques à l'égard de Vichy ? Excès d'imprudence, volonté de plaire au maréchal au moment où il souhaite voir jouer L'Annonce faite à Marie ? Seule certitude : le mal est fait.
Mais Claudel en a-t-il seulement conscience ? Peut-être, ce qui expliquerait cet hommage, non moins maladroit, au général de Gaulle en 1944. La volte-face du poète-diplomate est spectaculaire, presque risible. Par certains égards, il traduit le malaise de tout un pays. Le 23 décembre 1944, Le Figaro publie " Au Général de Gaulle ". C'est la France qui s'exprime sous la plume de Claudel : "Tout de même, ce que vous me dites depuis quatre ans, mon général, je ne suis pas sourde. Vous voyez bien que je ne suis pas sourde et que j'ai compris."
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FS
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