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Arnolphe, constatant dans son entourage de multiples déboires conjugaux, a décidé d'épouser une jeune ingénue. A sa demande, elle a passé son enfance dans un couvent, isolée du reste du monde. Or, il vient d'apprendre qu'un jeune homme a approché sa promise...
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Arnolphe
La promenade est belle.
Agnès
Fort belle.
Arnolphe
Le beau jour !
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Agnès
Fort beau.
Arnolphe
Quelle nouvelle ?
Agnès
Le petit chat est mort.
Arnolphe
C'est dommage ; mais quoi ?
Nous sommes tous mortels, et chacun est pour soi.
Lorsque j'étais aux champs, n'a-t-il point fait de pluie ?
Agnès
Non.
Arnolphe
Vous ennuyait-il ?
Agnès
Jamais je ne m'ennuie.
Arnolphe
Qu'avez-vous fait encor ces neuf ou dix jours-ci ?
Agnès
Six chemises, je pense, et six coiffes aussi.
Arnolphe, ayant un peu rêvé
Le monde, chère Agnès, est une étrange chose.
Voyez la médisance, et comme chacun cause :
Quelques voisins m'ont dit qu'un jeune homme inconnu
Était en mon absence à la maison venu,
Que vous aviez souffert sa vue et ses harangues ;
Mais je n'ai point pris foi sur ces méchantes langues,
Et j'ai voulu gager que c'était faussement...
Agnès
Mon Dieu, ne gagez pas : vous perdriez vraiment.
Arnolphe
Quoi ? C'est la vérité qu'un homme...
Agnès
Chose sûre.
Il n'a presque bougé de chez nous, je vous jure.
MOLIERE, L'Ecole des femmes, Gallimard, 2000. |
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