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Homme de lettres, Victor Hugo n'en est pas moins engagé dans l'arène politique. Ses convictions sont républicaines, et clairement affirmées. Aussi, quand il apprend que la République est " suspendue ", son sang ne fait qu'un tour...
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Victor Hugo avait applaudi à l'élection de Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence de la République en 1848. Il voyait dans le neveu de l'Aigle le garant de la stabilité à laquelle la France aspirait depuis plus d'un demi-siècle. Elu à l'Assemblée, il s'était même rallié au parti du nouveau président. Mais, à l'inverse de ses collègues députés, il restait prudent : " Il ne faut pas que la France soit prise par surprise et se trouve, un beau matin, avoir un empereur sans savoir pourquoi ".
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Le 2 décembre 1851, en sortant de chez lui aux aurores, il se rend compte du caractère prophétique de cette phrase : les murs de Paris sont recouverts d'un " appel au peuple " proclamant la suspension de toutes les institutions de la République et signé par le " prince-président " Bonaparte. Immédiatement, Hugo remonte dans son appartement, revêt son écharpe tricolore de représentant du peuple et part à la recherche des opposants pour se joindre à eux.
Pendant plusieurs heures, il parcourt les rues de la capitale sans succès. Quelques barricades ont bien été montées de-ci de-là, certaines réunions républicaines ont été organisées dans la précipitation, mais le poète doit se rendre à l'évidence : le peuple ne veut pas refaire 1848. C'est même tout le contraire : les ouvriers de la capitale, qui se souviennent encore de la terrible répression conduite par la IIe République, saluent l'arrivée d'un empereur " qui vaut mieux que toute cette canaille de républicains ".
Victor Hugo, apprenant qu'un début de résistance s'organise quand même dans le centre, prend la direction des Tuileries. En chemin, il croise le socialiste Proudhon, qui lâche, dépité : " Paris a l'aspect d'une femme violée par quatre brigands et qui, ne pouvant faire un mouvement, ferme les yeux et s'abandonne ". Il ne reste plus d'autre choix à Hugo que de rentrer chez lui, de réunir à la hâte quelques bagages et de prendre sous un faux nom le premier train à destination de Bruxelles. Il s'embarque alors pour l'île de Jersey où il se servira de sa meilleure arme pour lutter contre le nouveau régime : sa plume, qui fustigera Napoléon le Petit.
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DG
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