Histoire / Grands Hommes
 
A LA SANTE DE CHURCHILL

Personnage haut en couleurs, Winston Churchill n'est pas connu uniquement pour son action politique, ses célèbres discours, mais également pour certains traits de caractère hors du commun et assez éloignés de ceux qui attirent la respectabilité.

Détenteur incontesté du record de longévité politique en Grande Bretagne, Winston Churchill mena une carrière formidablement remplie. Le journalisme, qui lui permit de faire ses premières armes, l'occupa une grande part de sa vie. La politique fut bien sûr sa grande affaire, mais il ne s'en tint pas là : il fut également écrivain et peintre.

Son secret pour mener toutes ces activités de front, il le donna lui-même à plusieurs reprises : "Je bois énormément, je dors peu et je fume le cigare, voilà pourquoi je suis en forme à deux cents pour cent". Il est vrai que, né en 1874 et mort à quatre-vingt onze ans, Churchill avait de quoi fournir de nombreux arguments aux alcooliques, aux insomniaques, aux amateurs de cigares... et aux partisans du moindre effort : " le secret de ma santé, c'est le sport - jamais de sport ".

Celui qu'on appela " le vieux lion " avait évidemment, du fait de son prestige, une vie mondaine très chargée, et les réceptions auxquelles il était convié lui permettaient de faire la démonstration de sa grande spiritualité devant un public choisi. Loin de l'handicaper, la façon peu orthodoxe dont il disposait de ses loisirs lui donna plus d'une fois l'occasion de faire la preuve qu'on peut abuser des plaisirs de l'existence tout en gardant l'esprit clair et incisif. Et cependant il lui arrivait de louvoyer dangereusement hors des voies préconisées par la plus élémentaire civilité.

Un jour qu'il était invité à une réception, Churchill arriva complètement ivre, suant l'alcool au-delà de ce que la bonne société anglaise pouvait tolérer. A moitié titubant, il alla présenter ses hommages à la maîtresse de maison, qui se mit en devoir de sermonner le noceur. " Mais vous êtes ivre, monsieur Churchill, lui dit-elle, vous êtes atrocement ivre ! ". La réponse ne se fit pas attendre : " Il se peut bien que je sois ivre, madame, mais vous, vous êtes laide, vous êtes atrocement laide, et moi, demain, je ne serai plus ivre ".

Naturellement, il ne fut pas réinvité, mais sans doute son bon mot fit-il plus de tort à son hôtesse qu'à lui-même.

KL