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Pour démontrer qu'un naufragé peut survivre en buvant modérément de l'eau de mer et en se nourrissant de poissons, un jeune médecin décide de traverser l'Atlantique sur un canot pneumatique avec seulement une ligne et un hameçon...
Interne à l'hôpital de Boulogne-sur-Mer, Alain Bombard, jeune étudiant en médecine, s'intéresse tout particulièrement aux problèmes de survie des naufragés. Ceux-ci meurent en effet plus souvent de faim et d'épuisement que de noyade. Ses recherches au centre océanographique de Monaco lui permettent d'affiner sa théorie. Le principe en est fort simple : il est possible de lutter contre la déshydratation et de survivre, en buvant modérément de l'eau salée.
L'eau douce, nécessaire, est fournie en pressant les poissons dont elle constitue les trois quarts du poids. Le plancton apporte la vitamine C, et la chair de poisson, les autres éléments indispensables.
A l'époque, on estimait qu'au-delà de dix jours, un naufragé n'avait aucune chance de survivre. Bombard décide alors de se livrer lui-même à une expérience en s'embarquant sur L'Hérétique, un canot pneumatique de deux mètres sur quatre, gréé d'une petite voile.
La première tentative le mène en dix-sept jours de Monaco à Tanger, en compagnie du Britannique Jack Palmer qui abandonne là l'expérience. Alain Bombard continue seul. En un mois, il est aux Canaries. La dernière étape, la plus longue, le conduit en soixante-quatre jours de Las Palmas à la Barbade où il arrive épuisé, squelettique, mais bien vivant !
L'Hérétique devient le modèle d'un canot pneumatique commercialisé par la firme Zodiac. Quant au récit que Bombard tire de cette expérience, Naufragé volontaire, il devient très vite un best-seller et se trouve à l'origine de nombreux règlements internationaux en matière d'équipement de survie.
NH
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