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Stefan Zweig n'a pas toujours été un pacifiste engagé. Après des débuts résolument nationalistes, sa conversion a même été spectaculaire. Elle doit beaucoup à l'influence de ses amis européens.
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Stefan Zweig connaît une jeunesse dorée au sein de la bourgeoisie juive viennoise. Il voyage beaucoup et se rend régulièrement à Berlin, Bruxelles ou Paris. De ses séjours naissent de grandes amitiés avec Romain Rolland et Emile Verhaeren. Elles l'amènent à réfléchir sur la Première Guerre mondiale.
Au début de celle-ci, Zweig ne perçoit que les victoires des Empires centraux. Il s'enthousiasme à l'annonce de chaque nouveau succès, et fait écho dans la presse à la propagande officielle. L'Autrichien admire le génie national allemand, le sens de l'organisation et l'héroïsme de ce peuple.
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Peu à peu, cette ardeur belliqueuse laisse cependant la place au doute. Et sous l'influence intellectuelle de ses amis, ses certitudes vont commencer à s'éroder.
En novembre 1914, Verhaeren publie un recueil de poésies violemment opposées à l'envahisseur allemand. Zweig est profondément touché par ce texte. Pour la première fois, il prend conscience du malheur de son ami. Il le ressent soudain comme une véritable tragédie personnelle.
Il confie sa douleur à Romain Rolland, qui jouit à ses yeux d'un très grand prestige. S'ensuit entre eux une correspondance suivie. Celle-ci modifie profondément sa vision des événements. Il reçoit chacune des lettres du Français comme une " colombe blanche [qui sortirait] de l'arche de la bestialité hurlante, trépignante, vociférante ".
Progressivement, les convictions nationalistes et bellicistes de Zweig s'éteignent. A la fin de la guerre, elles se sont inversées. Et c'est en pacifiste convaincu qu'il s'engage désormais aux côtés de son ami Romain Rolland.
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SDO
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