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JACQUES CARTIER ET LES DIAMANTS DE LA COURONNE

Si au XVIe siècle, les rois financent de grandes expéditions à la découverte de terres jusqu'alors inexplorées, c'est aussi parce qu'ils entendent en retirer de grandes richesses. Jacques Cartier, avec le soutien de François Ier, va s'efforcer de trouver l'Eldorado au Canada. Avec une relative désinvolture...

  

Enfant, Jacques Cartier lit les récits des grandes découvertes du début du siècle. Fils d'un négociant de Saint-Malo, il suit les pérégrinations des explorateurs avec enthousiasme et se passionne pour le Nouveau Monde. Il commence par s'engager comme mousse à bord de navires de pêche exploitant la zone de Terre Neuve. Puis, en 1534, après avoir occupé tour à tour les fonctions de matelot, de maître pilote et enfin de capitaine, il obtient de François Ier l'autorisation de conduire une expédition vers le Canada, à l'ouest de Terre Neuve.


Son objectif : " descouvrir certaines ysles et pays où l'on dit qu'il se doibt trouver grant quantité d'or et autres riches choses ". Le roi, jaloux de l'enrichissement de l'Espagne des conquistadores, espère recevoir lui aussi sa part des trésors.

Le premier voyage de Jacques Cartier est un échec. Son séjour au Canada a été trop bref pour rapporter quoi que ce soit. François Ier ne lui en tient pas rigueur et le laisse repartir l'année suivante. Cette fois-ci, Jacques Cartier s'installe dans le golfe du Saint Laurent. Pendant plus d'un an, il séjourne près de l'embouchure du fleuve. Mais les rapides interdisent obstinément à ses embarcations de remonter le courant : impossible de pénétrer plus à l'intérieur de la contrée. Et à nouveau, il rentre en France la cale pleine de promesses mais vide de trésors. Le roi est fâché, et bien décidé à ne plus financer ces coûteuses expéditions.

En 1541, il cède pourtant aux requêtes de son vaillant capitaine et consent à financer un ultime voyage. Cartier, après avoir à nouveau traversé l'océan, réussit enfin à remonter le Saint Laurent avec son équipage. Et le long de la rivière du Cap-Rouge, il découvre pour de bon l'Eldorado : la terre est pavée d'or et de diamants. Dans la précipitation, il remplit plusieurs coffres, qu'il rapporte immédiatement en France.

Evidemment, le roi est ravi, mais déjà ses experts se penchent sur le " trésor " : l'or n'est que de la pyrite de fer sans intérêt et les diamants de vulgaires cristaux de quartz... Sur l'heure, François Ier ordonne à Cartier de se retirer dans son manoir de Saint-Malo.

DG