Histoire / Grandes Dates
 
L'ALGERIE PRISE A COUPS DE CHASSE-MOUCHES

L'Algérie a longtemps été la pierre angulaire de la politique coloniale française en Afrique du Nord. Pourtant, à l'origine, il n'était pas question de la conquérir, mais d'obtenir réparation pour un incident diplomatique...

Sans_titre 

Pendant les guerres d'Italie, le jeune général Bonaparte contracte une dette auprès d'une compagnie livournaise, la société Bacri et Busnach, à qui il a commandé d'importantes quantités de blé pour l'armée française. Les négociants, qui ne disposent pas de suffisamment de liquidités, se sont associés au dey d'Alger pour mener à bien cette opération. Cependant, au moment du paiement, ils entendent tirer des bénéfices prohibitifs de leur vente. Bonaparte refuse la facture.


La compagnie commerciale finit par obtenir satisfaction vingt ans plus tard, en 1820, lorsque Louis XVIII lui fait verser la moitié du montant de la facture et lui promet le reste pour l'année suivante. Lorsque le dey a vent de cette transaction, il s'empresse de prendre contact avec le gouvernement français pour exiger lui aussi une compensation.

Le gouvernement français ne donne pas suite à cette demande. Le dey tente alors de négocier avec les Livournais, mais ces derniers laissent l'affaire en suspens, pendant sept ans. Excédé, le dey convoque le 30 avril 1827 le consul de France à Alger. Il commence par l'accuser de s'être entendu avec Bacri et Busnach, l'insulte, et finit par le frapper à trois reprises avec son chasse-mouches.

Le nouveau roi de France, Charles X, exige tout d'abord des excuses, avant d'essayer d'atténuer l'impact de cet incident. Mais comme le régent d'Alger s'entête à refuser toute réparation, une expédition punitive est finalement décidée. En juin 1830, les armées françaises écrasent les troupes musulmanes et prennent Alger. Le dey essuie à cette occasion une défaite si pitoyable qu'il lui est impossible de remonter sur son trône.

Les Anglais tentent d'intervenir par voie diplomatique pour demander le retrait des troupes royales. La réponse du ministre de la Marine de Charles X à Lord Stuart, ambassadeur britannique à Paris : " Milord, mettez-vous ça dans le crâne : la France se fout de l'Angleterre ! " Le pouvoir " provisoire " installé par les Français durera près d'un siècle et demi.  

DG