Evasions / Villes
 
ELLIS ISLAND, ILE AUX LARMES OU PORTAIL DE L'ESPOIR ?

En 1892, Ellis Island est devenue le centre d'accueil des immigrants qui se pressaient par millions aux portes de l'Amérique. Cette île proche de Manhattan va devenir au fil du temps un endroit mythique, cristallisant toutes les angoisses et les espoirs de l'immigration...

Ellis Island accueillit plus de six millions de personnes entre 1901 et 1910 dont presque la moitié entre 1905 et 1907. L'histoire d'Ellis Island est d'abord celle d'hommes et de femmes qui ont tout abandonné derrière eux, ce qui leur était cher et familier, pour immigrer aux Etats-Unis. Ils espéraient y trouver une vie meilleure.

Si la plus grande partie d'entre eux ne passèrent que quelques heures sur Ellis Island, tous en gardent un souvenir inoubliable, ambigu, où se mêlent crainte et espoir.

L'arrivée à Ellis était le plus souvent éprouvante. Regroupés en un troupeau humain, les immigrants égarés dans le bâtiment gigantesque étaient d'abord orientés vers les médecins du centre qui les examinaient impitoyablement et écrivaient à la craie blanche sur leurs habits des signes cabalistiques symbolisant les maladies dont ils étaient atteints. Ainsi " marqués ", un cinquième des immigrants devaient subir un examen supplémentaire et étaient éventuellement renvoyés dans leur pays d'origine.

Ensuite, un bureaucrate examinait leurs papiers, ils étaient interrogés, assaillis de questions dans une langue qu'ils ne comprenaient pas.

Après avoir passé cette dernière épreuve, ils étaient libres.

Mais quelle était la motivation de ces millions de personnes, ces " paquets d'humanité avides de respirer en liberté " comme les décrit le poème gravé sur le socle de la statue de la Liberté ? Le rêve américain ?

Une histoire italienne du début du siècle résume à elle seule les désillusions des immigrants une fois aux Etats-Unis : " Je suis venu en Amérique parce que j'avais entendu que les rues y étaient pavées d'or. Une fois arrivé, je découvris trois choses : premièrement, les rues n'étaient pas pavées d'or, deuxièmement, elles n'étaient pas pavées du tout et troisièmement, on m'attendait pour les paver ".

SDO