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Hannah Arendt et Martin Heidegger furent deux des plus grands esprits du XXe siècle. Leur rencontre en 1925 est celle du maître et de son élève. C'est bientôt celle de deux philosophes. Mais c'est avant tout celle de deux êtres humains...
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En 1925, Martin Heidegger est un jeune professeur de philosophie à l'université de Marburg. Sa renommée est déjà solidement établie : des étudiants accourent de toute l'Allemagne à ses leçons.
Il est âgé de trente-six ans. C'est assez pour susciter la fascination d'étudiantes subjuguées par la puissance et l'aisance du maître. Mais c'est trop peu pour être insensible à la dévotion que lui vouent ses élèves, surtout quand elles sont aussi brillantes et passionnées qu'Hannah Arendt. Native de Hanovre, celle-ci a entendu parler de cet enseignant qui donne une nouvelle vie à la philosophie.
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Elle décide sans tarder de suivre ses cours. A dix-huit ans, elle s'inscrit à son séminaire et devient une étudiante assidue. L'histoire peut paraître banale : le coup de foudre entre le professeur et son élève est immédiat et réciproque. Heidegger le confesse dans une lettre : " le démonique m'a atteint de plein fouet [...]. Jamais rien de tel ne m'était arrivé ". Durant trois belles années, leur liaison se poursuit, alimentée par une intense émulation intellectuelle.
Mais l'histoire du XXe siècle va venir tout compliquer. A partir de 1928, les amants s'éloignent peu à peu. Quatre ans plus tard, la rupture semble définitive. Comment pourrait-il en être autrement entre la juive contrainte de s'exiler aux Etats-Unis pour sauver sa vie, et le professeur promu recteur de l'Université de Fribourg en remerciement de son adhésion au parti nazi ? A la fin de la guerre, Heidegger est suspendu, et jusqu'à sa réintégration en 1950, il se tait. Pas un signe à son ancienne élève et amante.
Mais l'amour n'est pas mort. Cette même année, Hannah, devenue journaliste, se rend en Allemagne. Elle écrit à son ancien maître, et souhaite le rencontrer. Sans l'ombre d'une hésitation, il accepte. Quand ils se retrouvent enfin, Hannah est bouleversée : " lorsque l'employé de l'hôtel a prononcé ton nom, c'est comme si le temps s'était soudain figé ". Le philosophe sexagénaire n'est pas moins ému : " nous avons, Hannah, un quart de siècle de notre vie à rattraper "...
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LT
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