Histoire / Grandes Dates
 
JAN PALACH, LE FLAMBEAU DE LA LIBERTE

En janvier 1968, alors que la Tchécoslovaquie est depuis vingt ans sous le joug soviétique, Alexandre Dubcek devient secrétaire général du Parti communiste et tente d'imposer " un socialisme à visage humain ". C'est l'événement détonateur du Printemps de Prague. Le pouvoir moscovite ne tolère pas bien longtemps une telle flambée de liberté. Dans ce contexte dramatique, la révolution tchèque se trouve un héros martyr : Jan Palach.

Entre janvier et mai 1968, Prague respire une véritable bouffée d'air frais. Dubcek se montre tolérant ; la voix de l'opposition n'est plus systématiquement étouffée. Pour la première fois, les Beatles sont diffusés sur les radios publiques ! L'espoir renaît en particulier chez les jeunes, pour qui un nouveau monde semble s'ouvrir, plein de promesses.

Mais c'est sans compter avec la réaction du maître du Kremlin. Brejnev, secrétaire général du Parti communiste soviétique, décide rapidement de restaurer l'ordre dans cette république-satellite de l'URSS. Dans la nuit du 20 août, six mille trois cents chars fondent sur la capitale tchécoslovaque. Les étudiants pragois doivent brutalement émerger de leur rêve éveillé. Brejnev annonce depuis Moscou la " normalisation ", autrement dit, le retour à l'ordre totalitaire soviétique.

Dès lors, des centaines de jeunes, parmi lesquels un étudiant en lettres nommé Jan Palach, se rassemblent dans les rues pour faire face aux troupes soviétiques. Les affrontements se poursuivent jusqu'en novembre, où les étudiants décident d'occuper l'université. Rien n'y fait : Dubcek a été chassé du pouvoir, Moscou tient fermement les rênes.

C'est alors que le 19 janvier, Jan Palach s'immole par le feu sur la place Venceslas. A côté de lui, on trouve une lettre. L'étudiant de vingt et un ans y déclare : " Etant donné que nos nations sont arrivées au bord du désespoir, nous avons décidé d'exprimer notre protestation et de réveiller le peuple de ce pays ; notre groupe est composé de volontaires décidés à s'immoler par le feu pour notre cause ". Signé : " Le flambeau n°1 ".

IL