Evasions / Villes
 
UN METRO A NEW YORK, LE PARI FOU D'ALFRED E. BEACH

Se déplacer à New York est une plaie, aujourd'hui encore. Il y a un siècle, la ville battait déjà des records de lenteur, et la question des transports en commun devenait cruciale. Il fallut toute la détermination d'un original pour que l'idée d'un métro fasse son chemin.

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 A la fin du XIXe siècle, New York est le plus grand port du monde, et Manhattan est une île populeuse dont la traversée met les nerfs à rude épreuve. Dans les années 1860, les transports sont assurés par des omnibus à chevaux, où s'entassent trente six millions de passagers par an. Or, si Londres a son métro depuis 1863, celui de New York n'a ouvert ses portes qu'en 1904. Aussi, pour compléter les omnibus, un réseau de voitures circulant sur voies ferrées surélevées a été créé.


Le système des " elevated ", aujourd'hui détruit, est moins onéreux qu'un métro et assez efficace. Cependant, il n'est pas sans présenter des inconvénients car les " els " défigurent la ville et enfument les riverains. Pour autant, personne n'envisage sérieusement la construction d'un métro, à part un homme seul et déterminé.

Journaliste et inventeur, Alfred E. Beach sait parfaitement que la collusion entre les compagnies d'omnibus et la municipalité condamne d'avance tout projet de transport souterrain. Il faudra ruser. En 1868, il reçoit l'autorisation de creuser sous Broadway, l'artère principale de Manhattan, pour y placer un tube pneumatique. Ce système à air comprimé permet d'acheminer rapidement le courrier. Mais, il omet de préciser aux autorités municipales ses intentions réelles, c'est-à-dire démontrer concrètement les avantages du métro.

Après deux ans de travaux, il peut ouvrir avec fracas une ligne de métro... à propulsion pneumatique. Pour son invention, Beach utilise un gigantesque rotor, qui propulse puis aspire une voiture à la vitesse de 15 km/h. La station, somptueusement décorée, produit une forte impression. New York abasourdie se surprend à rêver d'un métro. Beach propose alors de passer aux voitures à vapeur, car son procédé pneumatique n'est pas viable à grande échelle. Mais il ne parvient pas à réunir les capitaux nécessaires alors même qu'il a obtenu toutes les autorisations. En 1874, il jette définitivement l'éponge. Son échec a failli être fatal à la construction d'un métro à New York, et il faut attendre le XXe siècle pour que cette métropole en soit enfin dotée, quatre ans après Paris. En 1912, en creusant un nouveau tunnel, les ouvriers découvrent une fabuleuse station fantôme, âgée de quarante ans...

MA