Cinéma / Acteurs et Actrices
 
ET BACALL SIFFLA BOGART

Lauren Bacall et Humphrey Bogart furent l'un des plus beaux couples d'Hollywood et l'un des plus unis. Cette belle histoire commença de manière inattendue et rocambolesque, avec Howard Hawks et William Faulkner comme personnages secondaires.

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Howard Hawks est l'un des plus grands réalisateurs américains. En 1946, il dirige Le grand sommeil, d'après le livre de Chandler. Ce film incompréhensible, de l'aveu même de son réalisateur, est pourtant devenu mythique. On y retrouve le couple Bogart-Bacall au sommet de son art, lui en privé désabusé, elle en femme fatale énigmatique.  Le scénario a été co-écrit par le romancier William Faulkner, dont Hawks est l'un des rares amis dans le milieu du cinéma.


Le quatuor fait connaissance en 1944. Les studios produisent à la chaîne des films de propagande. La Warner décide d'adapter un roman d'Hemingway, En avoir ou pas. L'histoire est transposée à la Martinique, avec la Résistance pour toile de fond. Bogart a quarante-cinq ans, Lauren Bacall en a vingt. La belle jeune femme, qui a été cover girl du célèbre Harper's Bazaar quelques mois plus tôt, incarne son premier rôle à l'écran.

Bogart est déjà connu. Il l'est autant pour son talent que pour ses trois mariages ratés et son penchant pour l'alcool. Il glisse à Bacall : " On va s'amuser ". Mais il ne soupçonne pas ce qu'elle lui réserve. Le début du tournage est un long flirt, durant lequel la jeune femme découvre en Bogart un homme sincèrement timide et gentil. Déjà séduite mais impressionnée, elle ose à peine le regarder, et lui jette constamment des oeillades à la dérobée. Aussitôt, ce regard hypnotisant lui vaut le surnom qu'elle a porté toute sa vie : " the look ".

Vient alors l'une des scènes les plus remarquées de toute l'histoire du cinéma. Le personnage de Bacall entre dans la chambre de Bogart sous prétexte de chercher des allumettes. Elle bouscule son machisme et prend l'initiative du baiser. En quittant la pièce, elle lâche ironiquement cette réplique brûlante : " Si vous désirez quelque chose, vous n'avez qu'à siffler. Vous savez, il suffit de pincer les lèvres et de souffler ". Mais Bogart a le souffle coupé.  

MA