Musiques / Classique
 
LA SEPTIEME DE CHOSTAKOVITCH, UNE SYMPHONIE CONTRE LE NAZISME

Ecrite en pleine Seconde Guerre mondiale, au moment du siège de Leningrad par les troupes allemandes, la Septième symphonie du compositeur russe Dimitri Chostakovitch ne tarda pas à devenir le symbole de la résistance de tout un peuple à l'envahisseur et à connaître un succès planétaire...

  

Hiver 1941-1942. Une rumeur court dans Leningrad assiégée : Chostakovitch, le plus grand compositeur russe contemporain, écrirait une symphonie célébrant le combat héroïque de la ville et celui de ses concitoyens... Il l'achève à Kuibychev, la capitale provisoire de l'URSS, où elle est jouée, le 5 mars 1942, en première mondiale. Très vite, les alliés occidentaux se passionnent pour cette oeuvre et réclament sa création.


La partition longue de deux cent cinquante deux pages entame alors un incroyable périple pour contourner les lignes allemandes. L'ensemble des parties orchestrales est édité sur microfilm. L'oeuvre est convoyée sous cette forme par voie aérienne militaire jusqu'aux Etats-Unis, via Téhéran et le Caire.

Au-delà de la résistance du peuple russe à l'occupant allemand, cette symphonie devient, dès lors, le symbole du combat de tous les Alliés. Elle établit un trait d'union entre eux, comme entre leurs artistes. Ainsi, Arturo Toscanini, le chef d'orchestre le plus célèbre du monde, s'empare de cette symphonie qu'il juge magnifique. Bien qu'il ait abandonné, l'année précédente, son poste de directeur du NBC Symphony Orchestra, il décide de créer l'oeuvre. Et cela en dépit de sa longueur et des cent dix instrumentistes qu'elle requiert !

Mais cette décision n'est pas seulement le résultat d'un choix artistique. Elle participe également de son engagement politique antifasciste. D'origine italienne, Toscanini, devenu célèbre aux Etats-Unis, a toujours refusé de diriger devant Mussolini.

La Septième symphonie de Chostakovitch connaît un succès remarqué puisque plus de soixante représentations ont été données, rien qu'aux Etats Unis, en 1942 et 1943. Cette oeuvre d'un compositeur réputé pour être le chantre du réalisme soviétique est parvenue à véhiculer un sentiment universel de résistance à la barbarie...

AS