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L'histoire de ce naufrage, immortalisée par Géricault, a frappé les esprits en raison de l'acte ultime auquel il a poussé les survivants désespérés : le cannibalisme...
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La Méduse est une frégate qui, à la tête d'une escadre de quatre bâtiments, quitte Rochefort, le 16 juin 1816, pour reprendre au nom du roi possession du Sénégal, conformément aux clauses du Traité de Paris signé avec l'Angleterre. Elle compte à son bord près de quatre cents membres d'équipage et passagers.
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Le 2 juillet, la Méduse s'échoue sur le banc d'Arguin, au Nord de l'actuelle Mauritanie, suite à une erreur de son commandant. L'évacuation commence. Pour pallier le manque de chaloupes, un immense radeau est construit. Trois jours plus tard, les naufragés montent dans les embarcations, rendues solidaires les unes aux autres par des câbles. Cent quarante sept personnes prennent place sur le radeau. Bientôt, le convoi devient ingouvernable et dérive vers la haute mer. Geste intentionnel ou accident, le câble reliant le radeau au reste du convoi cède... Le radeau est abandonné à lui-même, surpeuplé, sans boussole et presque sans vivres.
Baignés dans l'eau jusqu'aux genoux, affamés mais enivrés par le vin dont plusieurs barriques ont été embarquées, projetés dans les flots à la moindre secousse, les survivants sont gagnés par l'affolement... Une lutte terrifiante s'engage alors ; véritables scènes d'apocalypse où certains tentent de détruire le radeau, d'autres cherchent à tuer leurs compagnons d'infortune ou se suicident. Des cadavres jonchent l'embarcation. Faute de nourriture, certains se résignent à les manger, crus ou en en laissant sécher la chair.
Au matin du 8 juillet, il n'y a plus que vingt-sept survivants dont douze blessés et malades qui sont jetés à la mer pour préserver les chances de survie des moins affaiblis.
Une semaine plus tard, le 17 juillet, les quinze rescapés aperçoivent la voile de l'Argus à l'horizon mais le bâtiment ne les voit pas et s'éloigne. C'est ce moment de désespoir que saisit le tableau de Géricault, bouleversant de réalisme. Il faut dire que le peintre a fait élaborer la maquette du radeau par un charpentier de marine et a étudié en cachette des corps en décomposition pour mieux donner à voir cet atroce fait divers...
Deux heures plus tard, l'Argus vient enfin à leur secours.
Les souffrances des hommes de la Méduse ne se limitent pas à celles endurées sur le radeau. Une partie d'entre eux ont débarqué sur la côte désertique de Mauritanie. Les trois survivants demeurés sur l'épave ensablée de la frégate ont attendu les secours cinquante deux jours !
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AS
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