Histoire / Grands Hommes
 
CHURCHILL JOUE LA TRANSPARENCE

Noël 1941. L'Angleterre, en guerre depuis deux ans, souffre chaque jour davantage des privations liées au conflit. Winston Churchill, dernier rempart de l'Europe, a répondu à une invitation du président Franklin Delanoe Roosevelt. Il s'agit de renforcer les liens entre les deux pays, à l'heure où la survie de la Grande-Bretagne dépend plus que jamais de l'Amérique. La confiance va naître d'un épisode cocasse.

Le Premier Ministre anglais est arrivé épuisé à Washington. Pour organiser le pôle occidental de résistance au nazisme, il a depuis 1939, parcouru cent quatre-vingt mille kilomètres, passant huit cents heures en mer et trois cent trente cinq heures dans les airs.

Cette réception de décembre 1941 doit être l'occasion pour les deux hommes de consolider une relation de confiance, afin qu'aucun doute ne puisse subsister entre eux au moment de prendre des décisions vitales.

Après avoir symboliquement allumé avec le Président des Etats-Unis, le traditionnel sapin de Noël dans les jardins de la Maison Blanche, le Premier Ministre britannique se retire dans sa chambre pour travailler.

Depuis son bain, fumant un cigare, il dicte à sa fidèle secrétaire de longues notes dans lesquelles il détaille avec un soin extrême ses ordres.

Les décisions à prendre se révèlent chaque jour plus difficiles et occupent entièrement son esprit. Ce jour là, très exalté, il continue à dicter en sortant de son bain et en nouant une serviette autour de sa taille.

Multipliant les ordres et les consignes, il arpente la pièce et ne s'aperçoit pas que la serviette de bain est tombée à terre.

Le Président Roosevelt arrive alors pour accompagner son hôte jusqu'à la table du dîner servi dans le salon de réception.

Entrant dans les appartements du Premier Ministre, le Président américain a du mal à dissimuler sa stupeur de trouver son invité nu comme un ver en train de dicter du courrier.

Aucunement troublé par la situation, Churchill sourit et déclare presque aussitôt :"Monsieur le Président, vous voyez aujourd'hui que l'Angleterre n'a rien à cacher aux Etats-Unis d'Amérique !".

CB